mardi 13 février 2018

Écho des livres de janvier 2018, la sélection des bibliothécaires de la médiathèque Marc Bernard



la fête de l'ours
Et c’est parti pour le premier écho de l’année !


Denise a lu :


« L’ordre du jour »  par Eric Vuillard

Alors j’ai beaucoup aimé ce livre !!!
(Françoise, assassine : « Beaucoup, ce n’est pas le mot… »)

Cela tient du documentaire, en fait, ça raconte comment on aurait pu éviter la guerre de 39/45.
Encore Françoise : ça montre surtout l’importance du monde économique !

Denise reprend : oui, car ces industriels (Siemens et consorts) ont utilisé des ouvriers du STO, et des détenus…

Claude, ingénue : Ce n’est pas un peu facile de vouloir réécrire l’histoire comme ça ?
Denise : C’est très très bien écrit incisif.

« Ör » par Audur Ava Olafsdottir

Ör signifie cicatrice. On est toujours dans la même veine que Rosa Candida, c’est très poétique, moi, j’adore !

Un homme islandais, vient de se séparer, et part en quête de reconstruction, avec sa perceuse et sa boîte à outils. Il se retrouve dans un pays qui sort de la guerre, où tout est à reconstruire.

On est toujours très près de la nature, on est dans l’essentiel.

« L’Hôtel » par Yana Vagner

J’ai adoré… ! C’est très slave, très fouillé.

hotel
Neuf Russes, quatre hommes et cinq femmes, se sont retrouvés pour un séjour d'une semaine dans un chalet accessible uniquement en téléphérique. L'endroit est pourvu de nourriture et de bois de chauffage en quantité, mais les portables n'y captent pas de réseau. Bientôt, une tempête glacée endommage le réseau électrique. La découverte du cadavre d'une des femmes provoque la terreur.

On découvre que dans toutes les relations humaines, on peut être manipulé. On apprend beaucoup sur la Russie. C’est vrai que j’ai eu un peu de mal par moment, mais je suis allée jusqu’au bout, et j’étais tenue en haleine. C’est très psychologique.

Chantal : oui, mais quand même, elle ne se renouvèle pas, par rapport à ses deux premiers titres, c’est du pareil au même. Au moins, on était attaché aux personnages…là, même pas.

Claude a lu :


« Zabor » par Kamel Daoud

Résumé : Un orphelin de mère, mis à l'écart par son père, se plonge dans les livres et dans l'écriture, grâce auxquels il espère repousser sa mort. Un soir, un demi-frère qu'il détestait l'appelle au chevet de son père mourant.

C’est entortillé comme la langue arabe, comme un conte oriental, ça foisonne : ça parle de religion, de sexe, de vie, de mort…C’est assez dur à lire car il n’y a pas d’histoire, mais il y a une grande maîtrise de la langue française, une grande poésie aussi : « Le présent existe parce qu’un homme se souvient ».

Je trouve que c’est un livre important, mais si vous n’aimez pas le conte oriental, lisez autre chose !


Résumé : Le périple de Limonov conduit le lecteur à Kharkov, où il assiste, alors jeune métallo, à la dislocation d'une grève, puis à Brooklyn, où deux rabbins roublards le truandent, enfin à Paris où il travaille comme ferrailleur pour obtenir une carte de séjour.

C’est à mourir de rire ! Sa verve, son insolence et sa désinvolture sont remarquables ! Il ne laisse rien passer. Il est heureux de vivre, et en même temps, il critique tout.

« L’été des charognes » par Simon Johannin

Résumé : Au cœur de la montagne Noire, dans le Tarn, l'évocation, le temps d'un été, du quotidien de Simon et de son meilleur ami, Jonas. Leur passage à l'adolescence ne se fait pas sans difficultés, entre tendresse et rage, camaraderie et violence.

C’est horrible, ce roman : la crasse, la boue, les beuveries, la violence…après, ils finissent tous drogués !

Aucun intérêt à ce bouquin, c’est une vie à un moment donné, et je n’ai pas réussi à dater ce truc.

Sandrine : je vais le lire, il me semble qu’il lui faut une contre-critique…

Chantal a lu :


« Un certain M. Piekielny » par François-Henri Désérables

Résumé : Enfant, Romain Gary fait la promesse à son voisin, M. Piekielny, de mentionner son existence aux nombreuses personnalités rencontrées. Des estrades de l'ONU à l'ambassade de Londres, du Palais fédéral de Berne à l’Élysée, l'écrivain ne manque jamais d'évoquer son nom. Sous la forme d'une enquête, le narrateur part à la recherche de ce mystérieux voisin.

C’est une variation sur Romain Gary, et sur un des personnages de « La promesse de l’aube ». Désérables va faire des recherches dans la réalité, et va démonter certaines fictions de Gary.

Il s’agit d’un jeu littéraire qui pose de vraies questions sur la littérature.

La littérature fait-elle vraiment exister ? Est-ce une personne, ou un personnage, ce Piekielny ?


Résumé : Elena vit à Londres avec son mari et ses enfants. La révélation d'un prétendu oncle de Moscou bouleverse ses certitudes : son père biologique n'est pas celui qui l'a élevée. Commence ainsi pour elle un véritable périple, de l'Europe aux États-Unis, pour reconstruire l'histoire de sa famille de Juifs émigrés polyglottes. ­

Il s’agit d’une autobiographie centrée sur les langues, et sur une succession d’exils. A cela s’ajoute le dévoilement d’un secret de famille, et la découverte d’une partie ignorée de la famille, vivant aux Etats-Unis. C’est l’histoire de l’exil juif.

« Quand sort la recluse » par fred Vargas

Résumé : Trois hommes sont récemment morts des morsures de la recluse brune, une araignée venimeuse. Le commissaire Adamsberg suspecte un meurtre.

J’ai été légèrement déçue, mais heureusement, il y a toujours l’humour décalé de Fred Vargas. C’est quand même un vrai régal… Mais, j’ai trouvé le coupable avant la fin, et c’est un peu tiré par les cheveux. Et dommage que Danglard soit aussi con ! le dernier tiers du bouquin m’a déçue.

Françoise a lu :


« La louve » par Paul-Henry Bizon & « On la trouvait plutôt jolie » par Michel Bussi

la louve
Je profite d’avoir lu ces deux bouquins pour exprimer ce qui m’énerve : un déséquilibre entre l’intrigue  (on parle du polar) et la partie documentée. Alors, tu peux avoir de grandes digressions (comme dans  « Condor » de Ferey), et alors on ne sait plus où on campe.

Tout est bien dans « La louve », cela montre des bobos enthousiastes et des escrocs dégueulasses…mais il y a peu d’intérêt littéraire. Tu ne t’attaches pas à l’histoire.

[Claude : C’est peut-être parce qu’ils essaient de renouveler un peu le genre ?]

Dans le Bussi, il s’agit aussi d’une histoire avec un thème contemporain, l’immigration, les ONG et la corruption, mais c’est un vrai polar. L’intrigue est prépondérante, et tu es tenu en haleine du début à la fin.

Le côté documentaire ne doit pas prendre le pas, sinon, la littérature se perd. Il nous faut de la littérature.

[Bidie : il y a la même dichotomie entre reportage (sans fondement profond, sans écriture) et documentaire.]

Dominique a lu :


Ben moi, je suis toujours en immersion dans les écrits de Victor Del Arbol, qui est fabuleux, complet…je les enchaîne. Il y a le thème récurrent des « dettes » transgénérationnelles (les descendants « payent » pour leurs aïeuls, ou du moins héritent).

Sinon, j’ai lu « La servante écarlate », par Margaret Atwood :

Il s’agit d’une dystopie qui décrit une nouvelle société dictatoriale. Les femmes en rouge y
servante écarlate
sont des reproductrices, et ce sont des esclaves : le taux de natalité est au plus bas. Tout est très stratifié. Nous suivons une des servantes, qui a connu la vie d’avant, la liberté.

Je suis mitigée sur la construction du livre, et sur l’intrigue.


« La fête de l’ours » par Jordi Soler

Résumé : Argelès-sur-Mer, Jordi Soler est abordé par une vieille femme qui lui remet une photo et une lettre. Sur la photo, trois soldats républicains : Arcadi, le grand-père du narrateur, Oriol, son frère, et leur père. Dans la lettre, une incroyable révélation sur Oriol. Le narrateur va découvrir la face cachée de cet oncle à qui il est censé tellement ressembler.

C’est une histoire de résonance entre un fait ancien, et le présent. C’est l’histoire d’un personnage solitaire et sombre. C’est un vrai coup de cœur, très original !

Bidie a lu :


« Limites / La dimension de l’abîme » par Diego Petersen

Diego Petersen est un auteur et poète argentin, vivant en France depuis 1980, et résidant à Nîmes (il enseigne à l’université).

Ici, il s’agit de poèmes bilingues sur la mort, la disparition de son père.

C’est très beau, simple et épuré.

« Va » par Véronique Gentil

Je vous en parle car cet ouvrage me parait défendre l’aspect esthétique de la poésie, car il faut aussi satisfaire le plaisir des yeux, avec le graphisme, les blancs…

Sandrine a lu :


« Sapiens » par Yuval Noah Harari

Sapiens
Bon, j’ai lu « Homo Deus » avant, du coup, en terme de chronologie, c’est à l’envers, puisque Sapiens décrit l’histoire de l’humanité, et Homo deus s’interroge sur son avenir.

Mais je reste fan, car avec Harari, on prend de la hauteur sans opacité, et il nous montre de multiples pistes de réflexion, et donne donc envie de lire, voir des vidéos, s’intéresser à ce qu’il se passe… ! Tout simplement.

Voilà, nous nous retrouvons le samedi 17 février, à 10h, pour encore plus d’échos !

Sandrine S.

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