Une désintégration programmée: Le temps des immortelles

Dans les années 70, Arno K., poète, vit à Berlin-Est. Il est amoureux de Marie-Sophie, fille d’un attaché militaire français installé à Berlin-Ouest, statut qui permet à cette dernière de bénéficier, au départ, d’un laisser-passer étudiant en RDA.

Au motif d’ « activités hostiles et négatives », la Stasi entame la surveillance d’Arno ou OV Cordon. Commence alors un processus, insidieux, de « désintégration » de personnalité…
Roman à la construction originale, alternant les chapitres intitulés, pour les deux tiers, « aujourd’hui » et « hier », et « aujourd’hui » et « demain » pour la fin.


Le style d’écriture est également différent en fonction des chapitres : nostalgique et poétique pour « hier », plein de vie et d’espoir pour « demain », et enfin laconique, froid et de plus en plus impersonnel pour « aujourd’hui ».

Roman court, 150 pages, mais extrêmement dense, oppressant. Une chape de plomb s’installe sur nos épaules, sensation qui n’est pas sans rappeler le film « La vie des autres » de Florian Henckel von Donnersmarck, et nous renvoie 40 ans plus tôt.


Karsten Dümmel partage dans ce roman son expérience de cette effroyable machine à broyer qu’a pu être la Stasi.


Un livre important, un roman bouleversant, sur une époque et un régime à la fois si proches et pourtant si vite oubliés. On s’habitue vite à la liberté d’opinion, de circulation. Pourtant, en être privé peut intervenir si rapidement…

Dans le langage des fleurs, l’immortelle signifie : regrets éternels divers – douleur qui ne s’éteindra pas  – toujours à vous.

Sandrine B.


Le temps des immortelles
Karsten Dümmel
Quidam, 2017


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